Trois durées à ne pas confondre
Quand on demande combien de temps dure une VAE, on pose en réalité trois questions différentes, qui n’ont ni la même réponse ni la même source. La première porte sur des délais opposables au certificateur. La deuxième sur le nombre de mois entre le premier clic et le résultat. La troisième sur les heures que vous allez y passer vous-même.
| Ce que l’on mesure | Qui la détermine | Ce que l’on peut en dire |
|---|---|---|
| Les délais réglementaires | Le code du travail | Trois délais chiffrés, opposables au certificateur : 2 mois, 3 mois, 15 jours |
| La durée calendaire | Vous, le financeur et le calendrier du certificateur | Aucun texte. France VAE recommande 6 à 8 mois d’accompagnement, sans valeur contractuelle |
| Le temps de travail personnel | Vous seul | Aucune donnée publique fiable. Le dossier de validation en concentre l’essentiel |
Confondre les deux premières est l’erreur la plus fréquente. Un parcours de dix mois n’est pas un parcours en retard : les seuls retards possibles sont ceux qui dépassent les trois délais du code du travail, et ils concernent le certificateur, pas vous.
Les trois délais fixés par un texte
Ces trois délais valent pour les parcours engagés depuis le 1er janvier 2024. Ils s’imposent au ministère ou à l’organisme certificateur, quelle que soit la certification visée et que vous soyez accompagné ou en autonomie.
- Deux mois pour la recevabilité. Le certificateur notifie sa décision dans les deux mois qui suivent la réception du dossier de faisabilité complet, en signalant le cas échéant les écarts entre vos activités déclarées et le référentiel, et en formulant d’éventuelles recommandations.
- Trois mois pour le jury. Le certificateur fixe les modalités et la date de présentation devant le jury, qui doit intervenir avant la fin du troisième mois suivant le dépôt du dossier de validation.
- Quinze jours pour le résultat. Le résultat de l’évaluation est notifié au candidat, et le cas échéant à la personne chargée de son accompagnement, dans les quinze jours qui suivent le passage devant le jury.
Un quatrième délai est moins connu et joue en votre faveur : si le certificateur ne s’est pas prononcé au terme des deux mois, le groupement d’intérêt public notifie immédiatement au candidat, via le portail numérique, que son dossier est recevable. Le silence vaut donc recevabilité, et non refus.
Ce qui déclenche les compteurs, et ce qui les arrête
Ces délais ne courent pas à partir du moment où vous envoyez quelque chose, mais à partir du moment où le dossier est complet. C’est la nuance qui décale le plus souvent un calendrier de plusieurs semaines.
Le point de départ de la recevabilité. Le certificateur accuse réception de votre dossier par un moyen donnant date certaine, après vous avoir invité, via le portail numérique, à le régulariser si des pièces manquaient. Les deux mois ne commencent qu’à la réception du dossier complet : chaque pièce manquante repousse d’autant le point de départ, sans que personne soit en faute.
Le compteur de caducité. Une décision de recevabilité n’est pas acquise indéfiniment. Sauf motif légitime, l’absence d’enregistrement sur le portail numérique, à l’issue du sixième mois suivant cette notification, des démarches prévues au dossier ou découlant des recommandations du certificateur entraîne la caducité de la décision. C’est un point d’arrêt silencieux : il ne résulte d’aucun refus, seulement d’une absence d’activité enregistrée.
Le texte prévoit toutefois une contrepartie. En cas de caducité, et sous réserve que le contenu du référentiel de la certification demeure inchangé, la limite annuelle de dépôt ne peut pas vous être opposée pour présenter à nouveau votre dossier.
La limite annuelle de dépôt. Au cours d’une même année civile, vous ne pouvez soumettre qu’un seul dossier pour une même certification professionnelle, et pas plus de trois pour des certifications différentes. Cette limite ne s’applique pas lorsque les dossiers précédemment soumis portaient sur la validation de blocs de compétences. Elle transforme un échec de recevabilité en attente de plusieurs mois : c’est une contrainte de calendrier autant qu’une contrainte de procédure.
Combien de mois au total ?
Aucune règle ne l’impose, et goodvae ne publie pas de durée moyenne. Le seul repère émanant d’une source publique est une préconisation de France VAE : la plateforme recommande 6 à 8 mois pour un parcours, entre le début et la fin de l’accompagnement, en précisant qu’il s’agit d’une préconisation et non d’une durée contractuelle.
Ce repère appelle trois précautions. Il ne couvre que la phase d’accompagnement, donc ni le temps passé en amont à choisir la certification, ni le temps de la recherche de financement. Il ne concerne pas les parcours menés en autonomie. Et il ne vaut pas engagement : ni France VAE, ni votre accompagnateur, ni le certificateur ne sont tenus par ce chiffre.
Deux autres repères publiés par la plateforme aident à situer le début du parcours. L’organisme d’accompagnement que vous sélectionnez à l’inscription dispose de deux semaines pour vous contacter. Et la date de passage devant le jury, comme les modalités d’évaluation, sont définies par le certificateur, qui vous les transmet directement via la plateforme : vous ne les choisissez pas.
Pourquoi ne pas publier une moyenne ? Parce qu’une moyenne suppose un effectif, une période et une définition du point de départ et du point d’arrivée. Sans ces trois éléments, un chiffre unique agrège des parcours autonomes et accompagnés, des certifications de niveau 3 et de niveau 7, des candidats à temps plein et des candidats qui rédigent le week-end. Il rassurerait sans rien vous apprendre sur votre propre calendrier.
Le temps de travail personnel, la vraie variable
C’est la part la moins encadrée et la plus lourde. Le dossier de validation est rédigé par vous : il décrit et analyse les activités réellement exercées, les situations, l’environnement de travail, les compétences et les connaissances mobilisées. Aucun texte ne fixe de durée pour ce travail, et aucun délai réglementaire ne s’applique entre la recevabilité et le dépôt de ce dossier.
goodvae ne publie pas d’estimation en heures : nous n’avons identifié aucune source publique donnant un volume horaire mesuré, avec son effectif et sa méthode. Ce que l’on peut dire avec certitude, en revanche, tient en deux points. D’abord, cette étape est la seule dont la durée dépend entièrement de vous. Ensuite, elle est bornée par le compteur de caducité de six mois, qui impose d’enregistrer des démarches sur le portail sans attendre d’avoir terminé.
Un troisième élément pèse sur le calendrier sans être du temps de rédaction : les formations complémentaires. Lorsque le certificateur en recommande à l’issue de l’examen de recevabilité, ou lorsque la certification visée impose des prérequis, leur durée s’ajoute au parcours et dépend du calendrier de l’organisme qui les dispense.
Dégager du temps quand on est salarié
Le congé VAE est le seul dispositif qui transforme du temps personnel en temps rémunéré, mais il est court et étroitement encadré. Sa durée peut atteindre 48 heures par session d’évaluation : le code du travail pose ce volume comme un plafond, qui peut être augmenté par convention ou accord collectif. Votre rémunération est maintenue.
Sa portée juridique est plus large que sa durée ne le laisse penser : les heures consacrées à la VAE sous couvert de cette autorisation d’absence constituent du temps de travail effectif et donnent lieu au maintien de la rémunération et de la protection sociale. Il peut être demandé pour participer à la session d’évaluation, mais aussi pour s’y préparer.
Le calendrier de la demande obéit à trois dates :
- la demande d’autorisation d’absence est transmise à l’employeur au plus tard 30 jours avant le début des actions de VAE, par tout moyen conférant date certaine à sa réception ;
- l’employeur répond par écrit dans les 15 jours calendaires suivant la réception de la demande, et son absence de réponse dans ce délai vaut accord ;
- il peut reporter l’autorisation pour raisons de service, sans que ce report excède un mois à compter de la demande.
La demande doit préciser la certification visée, les dates, la nature et la durée des actions, ainsi que la dénomination du ministère ou de l’organisme certificateur, et être accompagnée d’un document attestant la recevabilité de votre candidature. Le code prévoit à son article R. 6422-8 des cas d’augmentation de la durée de l’autorisation d’absence liés au niveau de qualification ; nous n’avons pas pu consulter le texte de cet article à la date de cette page et ne détaillons donc pas ces cas. Pour la fonction publique, les règles du congé VAE relèvent de dispositions propres à chaque versant.
Ce qui allonge réellement un parcours
Les dépassements observables ne viennent presque jamais des délais réglementaires, qui sont courts et tenus. Ils viennent des périodes non encadrées, où rien n’oblige personne à agir vite. Cinq d’entre elles méritent d’être anticipées dès le départ.
- Le choix de la certification. Un référentiel mal lu se paie à la recevabilité, quand le certificateur constate l’écart avec vos activités, et impose éventuellement d’attendre l’année civile suivante pour redéposer.
- Le dossier incomplet. Tant que les pièces manquent, le délai de deux mois ne court pas. C’est le décalage le plus fréquent, et le plus évitable.
- Le financement. Aucun délai n’encadre la réponse d’un financeur. Un parcours engagé sans prise en charge validée s’arrête souvent à l’étape de l’accompagnement.
- La rédaction du dossier de validation. Étape la plus longue, et la seule que vous maîtrisez entièrement, sous la contrainte du compteur de six mois.
- Les formations complémentaires. Recommandées par le certificateur ou imposées comme prérequis, elles dépendent du calendrier d’un tiers.
En cas de validation partielle, le jury précise les blocs de compétences acquis, et le certificateur délivre sur demande les attestations correspondantes. La suite du parcours redémarre alors sur un périmètre réduit : notre définition de la VAE détaille ce que recouvrent la validation totale, partielle et la non-validation. Le détail de chaque étape et de ses interlocuteurs figure dans notre guide de la procédure.
Découvrir le test d’orientation. Ce test est actuellement une prévisualisation : il propose des pistes de certifications à explorer à partir de votre expérience. Il ne constitue ni un avis de recevabilité, ni une décision de jury.