Le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture en bref
Le DEAP est une certification de niveau 4 dont le certificateur est le ministère chargé de la santé. Sa fiche active au RNCP porte le code 40743 : publiée le 11 juin 2025, elle couvre les parcours certifiants ouverts depuis le 1er septembre 2025 et son enregistrement court jusqu’au 1er septembre 2029. La voie « par expérience » y figure parmi les voies d’accès ouvertes.
| Élément | Valeur vérifiée |
|---|---|
| Intitulé officiel | Diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture (DEAP) |
| Niveau de qualification | Niveau 4 |
| Certificateur | Ministère chargé de la santé |
| Code RNCP actif | 40743, enregistrement jusqu’au 1er septembre 2029 |
| Code ROME | J1304 — Aide en puériculture |
| Blocs de compétences | 5, tous exigés pour obtenir le diplôme |
Ce qui distingue ce diplôme d’un diplôme de soins généraliste, c’est l’éveil de l’enfant. Le référentiel ne se limite pas aux soins : il demande d’élaborer et de mettre en œuvre des activités d’éveil, de loisirs, d’éducation et d’accompagnement à la vie sociale adaptées à un enfant ou à un groupe. Cette compétence est une compétence à part entière du premier bloc, avec ses propres attendus — rechercher les besoins et les centres d’intérêt de l’enfant, planifier l’activité, aménager l’espace, ajuster en fonction des réactions. Un dossier qui ne décrit que des soins d’hygiène et de confort laisse donc une partie du référentiel sans preuve.
L’exercice du métier est encadré. La fiche rappelle que l’auxiliaire de puériculture exerce sous la responsabilité de l’infirmier diplômé d’État ou de l’infirmière puéricultrice diplômée d’État, dans le cadre de l’article R. 4311-4 du code de la santé publique, et que l’activité en établissement ou service d’accueil d’enfants de moins de six ans relève des articles R. 2324-16 à R. 2324-47 du même code. La fiche précise aussi que la certification doit être acquise en totalité pour permettre l’exercice du métier : un niveau de qualification n’est pas un droit d’exercer, et une validation partielle n’ouvre pas l’accès à la profession.
Le code RNCP a changé, et la mention sur la VAE avec lui. La fiche précédente, enregistrée sous le code 35832, a vu son enregistrement prendre fin le 1er septembre 2025. Sur cette fiche close, la voie « par expérience » portait la mention « les textes VAE ne sont pas encore publiés ». La fiche 40743 décrit à l’inverse la composition du jury d’attribution pour cette voie. Un devis, un dossier ou une page qui cite encore le code 35832 renvoie donc à une fiche inactive, et à un état du droit qui n’est plus celui d’aujourd’hui.
Les cinq blocs de compétences du DEAP
Le référentiel du DEAP compte cinq blocs. Chaque bloc se valide indépendamment des autres et reste acquis à vie, mais le diplôme n’est délivré qu’après validation des cinq. Le jury n’apprécie donc pas une ancienneté globale : il examine, bloc par bloc, ce que vos situations de travail démontrent.
Les compétences listées ci-dessous sont celles du référentiel de certification enregistré sous le code 40743. Les modalités d’évaluation indiquées pour chaque bloc sont également celles de la fiche : elles disent quel type de situation le certificateur attend que vous sachiez décrire.
Bloc 1 — Accompagnement et soins de l’enfant dans les activités de sa vie quotidienne et de sa vie sociale
Trois compétences, contre deux pour la plupart des autres blocs : accompagner l’enfant dans les actes essentiels de la vie quotidienne et de la vie sociale en personnalisant cet accompagnement, élaborer et mettre en œuvre des activités d’éveil et d’accompagnement à la vie sociale, et identifier les situations à risque pour mettre en œuvre des actions de prévention puis les évaluer.
- Rechercher et analyser les habitudes de vie, la culture et les choix de l’enfant et, le cas échéant, ceux de son entourage.
- Évaluer le degré d’autonomie, les fragilités, les handicaps et les ressources physiques et psychiques.
- Identifier les activités d’éveil, de loisirs et d’éducation adaptées à l’enfant ou au groupe, les planifier, préparer les moyens et aménager l’espace.
- Faciliter la participation de l’enfant à l’activité et ajuster celle-ci en fonction de ses réactions et de ses apprentissages.
- Repérer les situations à risque, en particulier de maltraitance, et alerter.
- Aider et conforter les aidants dans leur rôle de collaboration aux actes essentiels.
Évaluation prévue : une étude de situation et l’évaluation des compétences en milieu professionnel.
Bloc 2 — Évaluation de l’état clinique et mise en œuvre de soins adaptés en collaboration
Trois compétences : évaluer l’état clinique d’une personne à tout âge de la vie, mettre en œuvre des soins adaptés à l’état clinique de l’enfant, et accompagner l’installation et les déplacements en utilisant les techniques préventives de mobilisation.
- Évaluer la douleur et mesurer les paramètres vitaux avec les outils adaptés.
- Conduire un raisonnement clinique, discerner le caractère urgent d’une situation et alerter.
- Prioriser les activités de soin dans son champ de compétences et adapter la réalisation du soin à la situation de l’enfant.
- Aménager un espace sécurisé et utiliser les dispositifs d’aide à la mobilisation dans le respect des règles de sécurité et d’ergonomie.
C’est le bloc le plus encadré. La fiche y rattache une étude de situation, une évaluation comportant une pratique simulée, l’évaluation des compétences en milieu professionnel et l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence de niveau 2.
Bloc 3 — Information et accompagnement des personnes et de leur entourage, des professionnels et des apprenants
Deux compétences : établir une communication adaptée pour informer et accompagner la personne et son entourage, et informer puis former les pairs, les personnes en formation et les autres professionnels.
Pour ce diplôme, ce bloc se joue d’abord auprès des familles. La fiche place la communication avec la famille, dans le cadre du soutien à la parentalité, parmi les dimensions constitutives du métier : transmissions à l’arrivée et au départ de l’enfant, explication d’un soin ou d’un refus alimentaire, conseils d’hygiène de la vie courante et de sécurité domestique. Le second volet, l’encadrement des personnes en formation, n’apparaît sur aucune fiche de poste et ne se démontre que par des situations datées et situées. L’évaluation s’appuie sur une étude de situations relationnelles pouvant comporter une pratique simulée.
Bloc 4 — Entretien de l’environnement immédiat de la personne et des matériels, selon le lieu et les situations d’intervention
Deux compétences : utiliser des techniques d’entretien des locaux et du matériel en prenant en compte la prévention des risques associés, puis repérer et traiter les anomalies et dysfonctionnements liés à cet entretien.
L’intitulé du bloc mentionne explicitement le lieu et les situations d’intervention, et c’est là qu’il devient propre au métier : le référentiel demande d’appliquer les principes d’hygiène des lieux de vie collectifs comme du domicile, et d’adapter ses actions au lieu. Entretenir les jeux, les tapis d’éveil et les plans de change d’une section de crèche ne relève pas des mêmes circuits que le matériel d’un service d’hospitalisation. L’évaluation part d’une situation d’hygiène identifiée en milieu professionnel : une situation réelle et datée, pas un rappel de procédure.
Bloc 5 — Travail en équipe pluriprofessionnelle et traitement des informations liées aux activités de soins
Deux compétences : rechercher, traiter et transmettre les données pertinentes pour assurer la continuité et la traçabilité des soins, et organiser son activité en coopérant au sein d’une équipe pluriprofessionnelle dans une démarche qualité et de gestion des risques.
Ce bloc est celui que les candidates sous-estiment le plus, parce qu’il ne laisse pas de trace spectaculaire : transmissions écrites et orales, contribution au projet de soins ou au projet d’accueil de la structure, signalement des événements indésirables, identification de son propre champ d’intervention par rapport à l’infirmière puéricultrice, à l’éducatrice de jeunes enfants et au reste de l’équipe. C’est précisément cette frontière entre métiers de la petite enfance que le jury attend de vous voir nommer.
Qui peut faire cette VAE
Une seule condition d’expérience est publiée pour le DEAP, et elle tient en une phrase. Sur son portail VAEInfo, l’Agence de services et de paiement écrit que le candidat doit avoir une expérience en rapport direct avec le diplôme visé. Aucune durée minimale n’est exigée, ni par ce portail ni par le droit commun de la VAE.
Un prérequis s’ajoute en fin de parcours, et France VAE le rattache explicitement au certificateur de ce diplôme : l’AFGSU de niveau 2 est obligatoire en vue du passage devant le jury et de la remise du parchemin. Ce n’est donc pas une pièce à retrouver la veille de l’oral, mais une formation à planifier et à financer pendant le parcours, au même titre que l’accompagnement.
Le point décisif pour ce métier : votre employeur détermine votre porte d’entrée. France VAE indique que la plateforme est ouverte aux salariés du privé, aux demandeurs d’emploi indemnisés ou non, aux aidants familiaux, aux bénévoles, aux aidants familiaux agricoles, aux travailleurs non salariés et aux titulaires d’un mandat électif, et que les personnes rattachées à la fonction publique, quel que soit leur contrat, ne peuvent pas y déposer de candidature. Or ce métier s’exerce massivement en crèche et en établissement d’accueil du jeune enfant municipal, et en maternité ou en service hospitalier public. Si vous relevez de la fonction publique territoriale ou hospitalière, votre démarche passe par le service ressources humaines de votre collectivité ou de votre établissement, pas par le portail national.
Les étapes et le jury
La procédure elle-même est commune à toutes les certifications ouvertes sur la plateforme France VAE : six étapes, de la candidature au jury, avec un architecte accompagnateur de parcours (AAP) et un examen de recevabilité par le certificateur. Notre guide de la procédure les détaille une par une. Ce qui suit ne reprend que ce qui est propre au DEAP.
L’épreuve est une soutenance orale du dossier de validation, organisable en présentiel ou à distance. Le jury, lui, est régional : France VAE indique qu’il se tient dans chaque région, ce qui évite d’avoir à traverser le pays pour une soutenance.
La composition de ce jury est détaillée par le référentiel, et elle vous dit qui vous aurez en face de vous. Le jury est nommé par le préfet de région sur proposition du directeur régional de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités, qui le préside ou s’y fait représenter. Y siègent notamment le directeur général de l’agence régionale de santé ou son représentant, un directeur d’institut de formation d’auxiliaire de puériculture, un infirmier en activité, une auxiliaire de puériculture en activité et un représentant des employeurs du secteur sanitaire, social ou médico-social. Autrement dit, des professionnels de terrain autant que des représentants de l’administration.
Une distinction à garder en tête avant de vous lancer : la recevabilité autorise la poursuite du parcours, la validation est la décision du jury sur les blocs. Ce sont deux décisions séparées, et aucune des deux ne s’anticipe.
Combien de temps et combien cela coûte
Les postes de dépense d’une VAE et les délais encadrés valent pour toutes les certifications : notre page sur le coût d’une VAE les détaille un par un. Pour le DEAP en particulier, aucune durée moyenne de parcours ni aucun tarif ne sont publiés par une source officielle.
Deux montants restent inconnus à la date de vérification, et nous préférons l’écrire plutôt que de les estimer. Les frais de jury n’ont pas été renseignés par le certificateur sur la plateforme France VAE, qui renvoie vers lui. Le prix de l’AFGSU 2, qui conditionne la remise du diplôme, n’est pas davantage public : il dépend de l’organisme qui dispense la formation, et il peut déjà être couvert si votre employeur l’a organisée en interne.
Financer sa VAE d’auxiliaire de puériculture
Le principe est le même que pour n’importe quelle certification : chaque poste de dépense a son financeur selon votre statut, et notre guide du financement détaille qui paie quoi. Deux particularités méritent d’être connues avant le premier rendez-vous.
La première tient à votre employeur. Une part importante des professionnelles de la petite enfance exercent dans une crèche municipale ou un établissement public : elles relèvent alors de la fonction publique territoriale ou hospitalière, le portail national leur est fermé, et leur dossier se construit avec le service ressources humaines de la collectivité ou de l’établissement. goodvae ne publie pas ces règles de financement, faute de les avoir vérifiées à la source. La seconde tient à l’AFGSU 2 : en crèche associative ou privée, faites-la chiffrer dès le premier échange, puisqu’elle conditionne la remise du diplôme et qu’elle n’est pas toujours comprise dans un devis d’accompagnement.
Découvrir le test d’orientation. Ce test est actuellement une prévisualisation : il propose des pistes de certifications à explorer à partir de votre expérience. Il ne constitue ni un avis de recevabilité, ni une décision de jury.